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10/05/2013

Quand l'école offre une deuxième chance

La directrice accompagne Karine Chevalier lors de sa visite.
La directrice accompagne Karine Chevalier lors de sa visite. (Photo PIERRE SALIBA)

En 2010, le président Georges Frêche inaugurait l'école de la deuxième chance de Béziers. Bilan trois ans plus tard. 

Ils ont entre 16 ans et 25 ans. Et parce qu’ils étaient sortis du système scolaire, en raison d’une situation d’échec ou à cause d’une mauvaise orientation, leur avenir professionnel était totalement bouché.

"Pas de diplôme, pas d’expérience, je ne trouvais rien. À dire vrai, je ne cherchais même plus, je me levais parfois à 16 h", témoigne Christophe, 23 ans. "J’ai fait un CAP de mécanique agricole, mais ce n’était pas ce qui me plaisait, je voulais faire de la maçonnerie, raconte Mohamed, 19 ans. J’ai donc enchaîné des petits travaux pas déclarés…"

Difficile de trouver ainsi sa place dans la société, sur un territoire où de nombreuses personnes en sont à accepter des emplois sous-qualifiés par rapport à leur cursus. Sans travail, sans revenus réguliers, certains de ces jeunes sont même obligés de vivre en foyer, ne mangent pas à leur faim.

"Les erreurs du passé ne constituent pas un obstacle"

 C’est donc une nouvelle opportunité qui s’offre à eux, lorsqu’ils franchissent les portes de la bien nommée école de la deuxième chance. "Les difficultés ou les erreurs du passé ne constituent pas un obstacle pour rejoindre l’ER2C. Le seul critère de sélection est la motivation", confirme Marie-Louise Ducarme, qui dirige l’établissement de Béziers.

L’école biterroise a reçu le label du Conseil régional en 2009 et a été inaugurée en 2010 par le patron de la Région Georges Frêche (lire ci-dessous). "Trois ans après, nous recevons chaque année une centaine de jeunes, 130 maximum, avec un taux de sortie positive de 77 %." C’est-à-dire un retour à l’emploi ou l’accès à une formation qualifiante. Cela prend la forme de stages, de contrats d’apprentissage. "Et depuis peu, d’emplois d’avenir", détaille la directrice.

Trouver sa voie

Aziz, par exemple, ambitionnait de travailler dans la sécurité. Grâce au réseau de l’école, il a effectué un stage. "Je me suis rendu compte que ce n’était pas pour moi." Pendant ses heures de "cours", il a donc refait son CV, contacté des entreprises : "Je vais bientôt effectuer un stage d’agent de maintenance SNCF. Elle est peut-être là, ma voie", sourit-il.

Son camarade Sébastien, qui s’imaginait déjà dans les panneaux solaires, va débuter par un stage d’électricien. Fouad, qui s’est essayé dans le nettoyage ou le transport logistique, va tenter sa chance à la Camerone. "On m’a dit qu’ils avaient besoin de personnel", affirme-t-il, heureux.

Des parcours différents, tous marqués par une marche manquée. Qu’une deuxième chance permettra vite d’effacer, d’oublier.

Ludovic Trabuchet dans Midi Libre

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