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27/01/2011

Indignez vous

images.jpgComme beaucoup, j'ai lu l'opuscule de Stéphane Hessel " Indignez-vous". Mais j'ai fini ma lecture avec un sentiment de malaise diffus du fait de son parti pris dans le conflit israelo-palestinien et de son soutien au Hamas.

Je vous conseille de lire l'article suivant , publié dans le Monde par Jean Chaussade

"J'ai le plus grand respect pour Stéphane Hessel, pour l'homme qu'il représente et les idées qu'il défend et je trouve assez médiocres les quelques critiques dont il a été la cible à propos de son admirable Indignez-vous !


Malgré tout, je ne comprends pas qu'il se soit laissé embarqué dans cette affaire palestinienne et son indulgence vis-à-vis du Hamas qui "n'a pu éviter que des rockets soient envoyées sur les villes israéliennes."




La situation extraordinairement complexe qui prévaut dans cette marmite bouillonnante qu'est le Moyen Orient devrait l'amener à un peu plus de retenue et à un peu moins de parti pris. En un mot, j'eusse aimé qu'il adoptât la même hauteur de vue dont il sait faire preuve quand il traite d'autres sujets.

Que se passe-t-il en effet ? Dans cet affrontement israélo-palestinien, deux logiques s'affrontent, deux logiques impitoyables qui chacune, que cela plaise ou non, ont leur cohérence, chacune leur légitimité ! Besoin absolu de sécurité pour Israël, besoin absolu de dignité pour les Palestiniens… Si je ne doute pas de la nécessité d'un ferme engagement de la part des intellectuels et de la classe politique en général, faut-il que celui-ci prenne la forme d'une prise de position en faveur de l'un ou de l'autre camp, prise de position qui sera alors et nécessairement assimilée à un simple parti pris par la partie adverse ?

Le rôle et l'utilité d'un citoyen et intellectuel français, censé être ouvert à l'universalité, n'est-il pas de se placer à un autre niveau, de transcender le débat passionnel et stérile et d'essayer d'avancer quelques idées-forces, simples, incontournables, bref, de se mettre d'accord sur un socle de principes intangibles à partir desquels pourrait se développer une dialectique de la paix, de cette paix à laquelle, je n'en doute pas, l'écrasante majorité des Israéliens comme des Palestiniens aspirent profondément…

Que peut faire un intellectuel étranger, et donc extérieur aux événements, quand deux histoires aussi enchevêtrées et complexes s'affrontent d'une manière aussi impitoyable, aussi terrifiante, aussi meurtrière ? Que peut-il faire pour œuvrer utilement ? La seule démarche à mes yeux, la seule susceptible de faire avancer la situation d'une manière positive, est de partir de ce qui peut rapprocher les deux communautés et non de ce qui pourrait les séparer encore plus, de chercher avec courage et obstination les voies du dialogue et de la réconciliation. C'est à cette utopie que je me raccrocherai coûte que coûte, n'en déplaisent à l'ami Stéphane Hessel et à ses compagnons de route.

Nous sommes en 2011, le schmilblick du conflit israélo-palestinien se poursuit imperturbablement pour le plus grand bien des extrémistes de tous bords, malgré les défilés en tout genre et la bonne conscience que se donnent les uns et les autres ! Pitoyable !

Jean Chaussade est aussi l'auteur du livre Chemins de traverse (éditions Bénévent) à paraître prochainement.

Jean Chaussade, directeur de recherche émérite au CNRS

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