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29/12/2010

"Petite fille façon mec"

 

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« Je ne sais pas si c'était   pour Noël, mais je me souviens d'une panoplie d'Indienne, avec une plume. » Une quarantaine d'années plus tard, la conseillère régionale socialiste Karine Chevalier a plus souvent affaire aux cow-boys de la politique, façon règlements de comptes et gâchette facile, verbale à tout le moins. Mais l'univers des 'mecs' ne l'a jamais refroidie : « Petite, j'avais horreur des jeux de fille, je jouais aux soldats, aux billes. Les filles, je les trouvais un peu neuneu avec leurs poupées. Je me souviens qu'avec mon frère Philippe et François Rouquette (NDLR : le fils d'Yves Rouquette et Marie Rouanet, décédé cet été),   on faisait des plans pour se battre à l'école, tel groupe devait avancer par ici, tel autre par là. »

Forte tête aussi à l'heure

 

des innombrables chamailleries avec son frère cadet.   « Le soir, j'allumais en cachette pour pouvoir lire et il me dénonçait », se rappelle Karine Chevalier. Sacrilège qui plus est... La lecture était chez elle   « une véritable passion ».   « Boulimique » sans être toujours très difficile :   « Mon père faisait des cures, on était à Luchon, j'avais cinq ans. Je me rappelle qu'il m'a offert 'Oui oui et son taxi'. » Plus tard, vers 12 ou 13 ans, elle dévora l'intégrale d'Agatha Christie. Et encore un peu plus tard, en seconde, elle profitait qu'une prof soit en permanence dépassée par un chahut général... pour lire des bouquins au fond de la classe. Ou sur la plage, à Valras mais pas seulement...   « La plage est une constante de mon enfance, mon père n'aimait que ça. » Bref, les vacances au bord de la mer, comme les chantait Jonasz... Côté disques d'ailleurs, elle écoutait plutôt   « des choses horribles comme Michel Sardou et Mike Brant » et se rappelle de son   « premier électrophone orange avec un couvercle fumé, je crois que c'était un Telefunken ».

De la musique, il lui en revient aussi en mémoire et aux oreilles, mais un brin plus traumatisante... Au son de la fanfare militaire qui réveillait la famille et le quartier avec   La Marseillaise. Les Sabah habitaient rue Vercingétorix, en face de la caserne. Ils ont fini par quitter leur appartement pour une villa au Pech de Saint-Geniès. Son père, Yves, était prof de lettres classiques à Henri-IV, et sa mère Huguette prof de français au CFA. Et tous les deux élus : un père adjoint de Balmigère chargé de la culture entre 1977 et 1983, puis adjoint à la voirie sous Barrau entre 1989 et 1995 ; et une mère conseillère régionale entre 1986 et 2004, dans l'opposition. La fille a marché sur les traces de sa mère, dans la majorité cette fois.

  « On les voyait mais ils étaient préoccupés par des tas de choses. » Elle se souvient de   « parents pas pénibles » qui ne formalisaient pas d'   « interdits particuliers ».   « Ils n'étaient pas du genre à crier ou à s'impatienter. Chaque réponse était argumentée. » Se sont-ils crêpé le chignon à l'adolescence ?   « Il y a eu sûrement de la rébellion. Mais je n'ai pas l'impression de leur avoir fait vivre une crise d'adolescence trop atroce. Mes enfants (NDLR : Hadrien, 19 ans, et Agathe, 15 ans)   m'en font beaucoup plus voir. »

En plus des livres et des disques, la Biterroise a été marquée par le cinéma, héritage de son grand-père maternel ébéniste le jour et projectionniste le soir, à Bagnols-sur-Cèze. Ancrage renforcé avec des parents qui avaient créé à Béziers un ciné-club des jeunes. Dans le flash-back qui défile, rétroviseur de son enfance à la façon 'Ainsi soit-il' de Louis Chédid, Karine Chevalier voit aussi son chien cocker Titus ; ses grands-parents paternels, immigrés juifs séfarades, forains sur le marché du vendredi et   « qui se disputaient tout le temps » ; et bien sûr cette plume d'Indienne tout droit tirée d'un Western sur grand écran.  
Arnaud BOUCOMONT dans Midi Libre

Commentaires

Ouh que c'est vilain de me dénoncer 40 ans après!!!! et dans la presse !!!!! LOL

Écrit par : Philippe Sabah | 07/02/2011

Les commentaires sont fermés.