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23/09/2008

Epilogue

Karine Chevalier (PS) règle ses comptes

Je n'ai pas de mot pour dire combien je suis révoltée, écoeurée par ce qui s'est passé » , commentait, hier, au lendemain du scrutin des sénatoriales, la socialiste biterroise Karine Chevalier.

Elle a finalement trouvé les mots - et quels mots ! - sans trop forcer. Ambiance kalachnikov... « Il s'est joué le match retour de l'an dernier : certains, au PS, avaient offert un siège à l'UMP . Et là, l'UMP leur renvoie l'ascenseur. » Autrement dit, estime la Biterroise, des grands électeurs de droite auraient voté Tropéano pour « mettre encore un peu plus la pagaille au Parti socialiste ». Quitte à faire perdre un siège à l'UMP ? « Oui et la droite a joué deux coups. Ça nous affaiblit dans la perspective des régionales mais ça affaiblit aussi Couderc dans son ascension héraultaise. A l'intérieur de la droite, il y a Couderc et la droite biterroise d'un côté, la droite montpelliéraine de l'autre. Il y a une défiance entre les deux camps. Raymond Couderc perd 200 voix entre ce dimanche et l'an dernier. » Karine Chevalier a bien une autre hypothèse mais elle « ne préfère pas » y croire : « Si Couderc perd autant de voix, c'est peut-être aussi qu'il y a un an, les grands électeurs de gauche avaient été beaucoup plus nombreux que ce que je pensais à voter pour lui. »

La gauche, justement... Karine Chevallier n'arrête pas sa charge à brocarder l'UMP. Elle fait feu de tout bois contre « une stratégie mafieuse menée par le conseil général ». « Beaucoup d'élus ont été sensibles aux chantages aux subventions qui ont été faits. Ces mêmes subventions qui ont été votées aujourd'hui au conseil général ».

« Écoeurée », comme elle dit, Karine Chevalier pense-t-elle à jeter l'éponge après deux échecs aux sénatoriales ? Stop ou encore ? « Encore ! Je ne me suis pas posé la question du stop. Je ne supporte pas qu'on triche avec ses convictions et avec ses électeurs.»

Pas question, en tout cas, de cautionner l'idée qu'elle ait pu être « manipulée » par le duo Frêche-Navarro, comme l'avait souligné l'ancien sénateur Jules Faigt. La réponse à l'intéressé est pour le moins cinglante et devrait faire du bruit dans le landerneau politique héraultais : « M. Faigt est un vieux crocodile qui s'est souvent assis sur ses convictions, qui assouvit des rancoeurs passées, qui remâche des haines recuites. Il a toujours rêvé d'être maire de Béziers. » Karine Chevalier, qui rêvait peut-être un peu d'être sénatrice, devra, quant à elle, attendre encore.

Arnaud Boucomont , Midi Libre

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